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La Baladine

Histoires de vie, et de vies...

Va vers ton risque *

 

Je n'aime pas trop les injonctions, les impératifs, les sommations. Je n'aime pas trop les conseils non plus, ni les avertissements. Sans doute parce qu'on reçoit rarement les bons. Ceux qu'on attend. Ceux qui font envie. Ceux qui vous disent que même en rang deux par deux c'est bon de voir les têtes qui dépassent, ces émergences tendres, les différences. Ceux qui disent que la marge n'est pas forcément infranchissable, qu'il est moins grave d'échouer que de passer à côté de sa vie par peur de l'échec, qu'une vie n'est une vie que si on la vit pleinement, si on se sent vraiment vivant...

Je n'aime pas trop les injonctions, ni les conseils... Et pourtant, j'aurais bien aimé en entendre deux ou trois, ou plus. Dès petite.

J'aurais aimé qu'on me dise : Va! Invente! Fais ce que tu veux, ce que tu aimes, ce que tu désires, pas ce que les autres voudraient que tu fasses, pas ce que les autres aiment ou  veulent pour toi. Ecoute-toi. Ne te loge pas à l'étroit d'une vie préfabriquée. Ecoute-toi en profondeur.  Ne laisse personne penser à ta place. Ecoute tout, y compris tes peurs. Ça n'est pas grave, la peur, c'est même plutôt bon, ça prouve que tu n'es pas inconsciente. Et puis la peur, les peurs, ça s'affronte.

Essaie! Ose! N'aie pas peur de dire non. De désobéir à qui veut te faire endosser une conscience qui n'est pas la tienne. Fais-toi confiance. Fais confiance à ton imagination. Elle est ton meilleur guide. Sache que tu as tout en toi. Oui, sois en sûre, tout est là, déjà. Toutes tes richesses, et elles sont infinies.

J'aurais aimé qu'on me dise que la curiosité n'était pas un défaut mâtiné de péché, mais la plus précieuse des qualités, et qu'on n'a pas assez d'une vie pour la cultiver. Curiosité du monde, curiosité des choses, curiosité des autres, curiosité de soi. Curiosité de tout ce qui est mystère. En vrac et dans le désordre. Ouvre-toi. Bouge. Bouscule.

Tends la main! L'inconnu n'est pas un ennemi. L'autre n'est pas ton ennemi. Il est juste ton différent, et c'est ce qui rend la rencontre passionnante. Loin d'ici, ou juste au coin de ta rue. Sois le contraire de l'égoïsme et de l'indifférence qui rongent cette société. Ignore ceux qui ont rabougri leur cœur et tentent de t'insuffler leurs propres peurs, histoire de  les justifier.

Aime! Surtout, aime. C'est le plus important. L'essentiel. N'aie jamais peur d'aimer. N'hésite jamais devant la possibilité d'une histoire d'amour. Accroche tes ailes au rêve d'un amour qui te permet de croire que tout est possible. Un amour qui te donne le courage d'aller au bout de ce que tu désires, jamais d'y renoncer. Un amour qui ne te laisse jamais t'oublier. Un amour avec qui tu es toi-même. Totalement. Avec tes contradictions, tes failles, tes vulnérabilités, ton entièreté, ta véhémence. Et qui ne te demande pas de t'en excuser. Un amour avec qui tu aimes qui tu es. Parce que l'amour, qu'il dure un jour ou une vie, c'est ça. De la lumière. De la bienveillance. Une formidable simplicité. Prodigieusement difficile. Mais qui te confirme dans ce que tu as de meilleur.

On ne m'a rien dit de tout ça. Jamais. Ni petite ni plus grande. Je ne sais pas si les choses auraient été fondamentalement différentes. Rien n'est simple et je ne veux incriminer personne. Etre parent ne s'apprend pas. Je pose un ressenti.  Il me semble qu'il n'appartient à personne de dire comment vous devez être, comment vous devez vivre. Mais je crois que pointer les faiblesses, les erreurs, sans jamais dire qu'on peut en tirer une force, est une bêtise, qui ne mène qu'à alimenter la déception. C'est subtil, mais bien réel. Ça peut vous valoir des années pétries de désarroi affectif. Parce que vous partez dans la vie en croyant que l'amour se gagne, se mérite. Que toujours il vous faudra convaincre, prouver, être différent(e) de ce que vous êtes vraiment, nourrir les attentes, les projections. Et ça peut vous valoir plus d'années encore de culpabilité. Qui viendront conforter l'idée que vous n'êtes pas digne d'intérêt.

Alors quitte à donner dans l'injonction, moi je dis Va! Ose! Impose-toi! Fais fi du regard des autres! Trace ta route!

Va vers ton risque *

*Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront. René Char.

A ma fille, ma beauté, ma source vive, ma fierté, mon inspiration.

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À propos

La Baladine

Acidulée mais pas acide, féministe assurée et romantique assumée, rieuse et mélancolique, résolument positive dans un monde dépressif, agitatrice de cervelle, gratteuse infatigable du vernis des humains pour voir ce qu'il y a dessous... "Je ne fais effort ni pour qu'on m'aime ni pour qu'on me suive. J'écris pour que chacun fasse son compte." Jean Giono
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Betty... 21/01/2019 17:48

J'ai appris la vie seule face à tout ce qui m'arrivait mais j'aimerai refaire un tour depuis toute petite pour refaire tout mieux , je sais tout le monde veut çà , il y a des raisons à tout n'est ce pas , je préfère penser comme cela , parce que la souffrance serait trop rude face aux erreurs de chemins ,quel bel écrit !!!...Bise victorieuse sur les incohérences informatiques , j'aime bien les petites victoires comme celles ci

La Baladine 23/01/2019 11:50

Quelle joie de te voir de retour librement ici! :-))

Je ne sais pas s'il y a des raisons à tout, j'ai plutôt tendance à croire au hasard... Mais peut-être que si on considère chaque erreur comme une expérience riche d'enseignements, un nouveau point de départ, elles prennent leur sens ;-)

Bises qui n'ont pas vu la neige

Binh An 21/01/2019 17:45

Oh combien je comprends, ressens, partage, profondément, ce que tu écris. Seulement je te comprends maintenant, à mon âge, au bout d'un long chemin pas toujours facile....
Merci pour ce moment passé à te lire et à lire tous les comms de tes ami(e)s.

La Baladine 23/01/2019 11:58

Cher Binh An, la paix en soi n'est sans doute pas facile à trouver... La trouve-ton d'ailleurs jamais totalement?
J'aime beaucoup cette phrase de Kierkegaard "Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin". Accepter, comprendre, avancer...
Merci de ton passage :-)

Betty... 21/01/2019 17:38

Bonsoir Baladine , je fais un essai , j'ai changé de navigateur , si tout va bien je dis youpi et viendrai te commenter , on croise les lettres ...Betty

La Baladine 23/01/2019 11:44

Yesss! Youpi! Ça fonctionne!!!

Candice 20/01/2019 16:35

Très bel article, très intéressant et bien écrit. Je reviendrai me poser chez vous. A bientôt.

La Baladine 21/01/2019 07:39

Merci !!! :-)

Pivoine 20/01/2019 04:56

Ce à quoi ton texte me fait penser... C'est à une expérience curieuse. Qu'on pourrait presque transformer en texte. Quand je discutais de films de science fiction avec xyz... On parlait d'un ressort littéraire de la SF (dont le nom évidemment m'échappe au moment d'écrire ce commentaire) - présent dans le deuxième volet de "Retour vers le futur". Quand deux personnages se dédoublent. En l'occurrence, dans le film 2, l'amie de Marthy se retrouve en face d'elle-même à un âge différent.

J'ai parfois rêvé à cette possibilité, se retrouver maintenant, à l'âge que l'on a, face à la petite fille qu'on a été ! Que lui dirait-on? C'est vertigineux. Sans lui dire : il va t'arriver ça ou ça ou ça... Ou pas, tout ce qu'on pourrait lui donner comme des paroles comment les qualifier ? Pas guérisseuses, non... Mais qui donnent une force en tout cas. En somme, même en dédiant ces "injonctions" dictées par l'expérience et la sensibilité à ta fille, en quelque sorte, c'est aussi à toi que tu les adresses . Ou que tu pourrais les adresser. Je crois que cela ouvre des possibilités immenses ....................... Et qui mieux que nous, sait ce qu'on aurait eu besoin d'entendre, ce qu'on sentait confusément, sans trop pouvoir l'exprimer. Mais qui était déjà là, comme tu le dis très bien. (Après tout, c'est un des grands principes d'une pédagogie active : dire aux enfants aux jeunes aux ados qu'ils ont tous les outils à disposition pour les apprentissages qu'ils ont à faire ..........) Ca fait rêver je trouve ...............

La Baladine 20/01/2019 16:22

Ah Pivoine tu mets le doigt sur quelque chose qui m'a posé question... Aurais-je fait une sorte d'auto persuasion en creux ? C'est possible... Retourner en arrière? L'idée est toujours séduisante sur le plan de l'imagination mais je ne suis pas nostalgique, imperméable aux remords, et m'applique à tenir les regrets éventuels à distance. Comme dit je ne sais plus quelle chanson "le passé est bien là où il doit être".

J'aime beaucoup ton idée de pédagogie active... participative.

Merci pour cette jolie réflexion :-)

Lilas 19/01/2019 17:26

Splendide, ont dit mes collègues. Je ne peux que les suivre dans cet enthousiasme que suscitent tes textes. Tu as vraiment un don pour récolter toutes les émotions en un tout que tu nous transmets de coeur à coeur.

Pour moi, tout est dans le "va!". Ce n'est pas une sommation. Il représente une incitation, un encouragement à partir à la découverte de la nouveauté, de l'inconnu, de l'autre. A priori, l'expérience ne peut être que bonne. Ce "va" contient une bonne dose de confiance (de la personne qui incite à celle qui se lance) qui ouvre la porte au "ose!". Moi j'aime le dire. Très souvent à mes élèves. Qui s'illuminent. C'est le plus beau des cadeaux.

La Baladine 20/01/2019 16:01

J'ai rougi... et pas dérougi encore... Merci pour le partage.

Je suis totalement d'accord avec ton deuxième paragraphe... Merci pour ce commentaire qui fait chaud ♥

Nikole 19/01/2019 17:21

Comment n'ai-je pas reconnu Jodie Foster : c'est si évident !

La Baladine 20/01/2019 15:59

Ma foi, elle n'a que 14 ans sur cette photo qui n'est pas tirée d'un film, alors je suppose que le doute est permis!
Comme je le dis plus bas, c'est ce qu'elle "dégage" qui m'a fait choisir cette photo... :-)

Xoulec 18/01/2019 21:43

J'ai d'abord cru à une photo de ta fille, mais je trouvais qu'elle ressemblait étrangement à Jodie Foster ;) J'adore cette actrice (qui parle un Français parfait, sans accent yankee).

Je n'ai pas de souvenir d'injonctions, ou d'obligations à notre encontre. Dans mon village, nous étions une famille" à part", et à ce titre, nous devions ne pas nous laisser marcher sur les pieds et par extension, nous avons appris à nous débrouiller seuls. Ce que nous savons tous faire.
C'est ce que nous ont transmis mes parents. Faire de notre mieux, avec ce que l'on a, ou ce que l'on n'a pas eu..." Débrouillez-vous, vous êtes grands". Je reconnais que les effets peuvent être les mêmes... Ah si, une seule injonction, la plus importante aux yeux de ma maman, et je ne peux pas te la révéler en public. Une vrai torture :) Puisque tu es curieuse, je peux te la dire en privé, si tu y tiens.

La Baladine 21/01/2019 07:41

Nous avons quasi le même âge, elle et moi ;-)

Xoulec 20/01/2019 18:43

Ah oui, peut-être te souviens-tu de cette série télévisée des années...pfiouuu
"Mais qu'est-ce-qui fait courir papa". C'était elle !
https://www.dailymotion.com/video/xkqdla

La Baladine 20/01/2019 15:56

Les histoires entre parents et enfants ne sont jamais faciles. Le contexte socioculturel y joue pour une part importante, parfois même prépondérante. Trouver l'équilibre entre présence abusive et laisser faire est délicat. Je suis consciente moi-même d'avoir été le contraire de mes parents, ce qui ne m'a pas empêchée d'être intransigeante sur certains points...
Tu me dis si tu veux. L'adresse contact est là pour ça ;-)

Nikole 18/01/2019 15:55

Le portrait, comme un dessin, te ressemble. Et la photo de fin d'article fait années 50, alors qui est qui ? Ta fille en haut et toi en bas ?
Ton article me trouble, évidemment par ce qu'il me touche, de près, et que j'aurais envie de dire les blessures, cicatrisées mais qui empêcheront à jamais certaines choses. Il faut beaucoup de force pour avancer dans sa voie (même si ce genre de terme me semble toujours ambigu quand l'avocat de la diablesse me dit que certaines voies sont dévoyées, et que les limites sont parfois acceptables pour soi, et pas pour les autres) seul(e). Aux injonctions d'interdiction ou de culpabilisation dans l'enfance par les parents -que je ne blâme pas, ils font du mieux qu'ils pensent, je constate simplement-, il faut pour beaucoup, après, des déclics, après, d'autres gens, d'autres âmes, et cela n'a pas forcément lieu, ou trop peu, ou mal. Aujourd'hui où à mon sens beaucoup se considèrent comme ayant des droits sans avoir de devoirs, au contraire, quand j'étais gosse, on avait des devoirs, mais peu, si peu, de droits. Songe par exemple qu'il m'arrive, encore aujourd'hui, de culpabiliser quand je commence un texte par "Je" ... arrête de parler de toi, c'est égoïste. En fait, je me demande si -je parle pour les enfants, surtout les filles, de ma génération, les années 50- on ne finit pas par développer un double complexe, qui met du temps à s'adoucir (encore que...) : un sentiment d'infériorité, parce qu'on ne sera jamais aussi bien qu'on nous espère, ou qu'on s'espère et des bouffées de supériorité de respiration, je suis au-dessus de tout ça, je m'en fous... "Je" fais peu la part des choses, entre la force que je sens, et celle qui me retient. La peur du vertige tout en étant funambule? Une curieuse impression. Tous ces mots me paraissent bien mélo, et pourtant que de rires me protègent ! Merci pour la phrase de Char, que j'aime depuis si longtemps (les deux : la phrase ; Char). Baisers réfléchis.

La Baladine 18/01/2019 21:34

Le portrait? tu veux parler de la miniature ronde en haut à droite de l'écran, sous La Baladine? Là oui c'est moi. La photo en bas de l'article, c'est Jodie Foster (comme celle de la petite fille à capuche en couverture) et je n'en reviens pas que personne ne l'ait reconnue. C'est une photo de 1976 et je l'ai repiquée sur un magazine, ce qui explique l'aspect plus ancien...

Alors pour l'article... Je suis une enfant des années 60, mais ce n'était guère différent ... Etre fille signifiait double peine "tu es la fille de la maison", et tout est dit. Mon père était sexiste, pas vraiment machiste, pas du tout misogyne, très gentil, très paternel, même paternaliste, mais sexiste (ce qui va de pair avec le paternalisme). J'ai sciemment occulté ce côté dans mon article parce que ce n'était pas le fond du sujet.
Oui pour le double complexe. La part des choses, je l'ai faite, et plus rien ne me retient que la réalité crue. Quand on n'hésite plus à dire JE, c'est qu'on a compris réalisé admis que sa propre identité ne vaut pas moins que celle de n'importe quel humain... Ça n'a l'air de rien, mais c'est l'essentiel! Dire JE et ne pas en avoir honte, tout est là!
Tout est beau chez René Char. Unique.
Baisers personnels

marine D 18/01/2019 15:05

Comme elle est jolie ta fille !
Je n'ai jamais aimé les injonctions moi non plus, et déjà au collège j'e n'en faisais qu'à ma tête !
Et puis...
Et puis un jour , à 46 ans après 3 enfants et encore une petite fille entrant en 6eme, j'ai tout plaqué, travail, amis, région pour partir à la campagne vivre avec les chevaux, ça n'a pas toujours été facile mais bon, c'était une manière de me réparer je suppose, en vivant ma passion ...
Il ne fait rien regretter....
(Arnaud Bouchet qui peint c'est mon fils aîné)
J'aime cette phrase de René Char

La Baladine 18/01/2019 21:13

Alors ce n'est pas ma fille, (qui n'aurait pas forcément apprécié de se trouver ainsi exposée) c'est Jodie Foster, mais cette photo m'évoque ma fille, tout aussi jolie, mais différemment ;-)
Pour le reste, je dis bravo! Bravo à tout, bravo d'avoir tenu, d'avoir osé, de vivre...
Et bravo pour ton fils, beau et talentueux.
René Char, ce colosse, écrivait beau...

Coumarine 17/01/2019 15:35

On me disait: fais ceci, fais cela,
et surtout: ne fais pas ça pas ça non plus!
Ces injonctions avaient de quoi m'immobiliser, elles me liquéfiaient, me raidissaient!
Car je me sentais obligée de leur obéir, sinon.... sinon.... ;-(
merci pour ce beau billet!

La Baladine 18/01/2019 11:58

C'est exactement ça... Toutes ces contraintes pesantes qui ensevelissent nos désirs qui n'appartiennent qu'à nous et nous engoncent dans une identité qui n'est pas la nôtre... Identité interdite!
Evidemment c'est mon ressenti, ma vérité qui ne sont sûrement pas ceux des auteurs de mes jours... Tu connais.
Bise affectueuse, chère Coumarine

Jo Ridée Rieuse 17/01/2019 11:54

Un livre très intéressant est sorti sur ce sujet, c'est Les invisibles de la République, de Salomé Berlioux et Erkki Maillard.
Ils expliquent que pour les enfants des campagnes, il y a des barrières difficiles à franchir pour accéder à leurs rêves. Beaucoup de bacheliers renoncent aux études en voyant le prix d'une chambre, des transports ...
Dans ces villages, pas de bibliothèque, pas de possibilité de choisir un sport. La salle de ciné est souvent à 20 km.
Et surtout, ces phrases - Ce n'est pas pour toi, ce n'est pas pour nous. Va travailler à telle usine, au moins tu auras un salaire.
Ces phrases là brisent les rêves.

La Baladine 18/01/2019 11:55

Oui, c'est une réalité qui ne fut pas la mienne (j'ai grandi dans une grande ville, mes parents étaient simplement à la fois surprotecteurs et peu à l'écoute) mais qui existe bel et bien.
C'est pourquoi il est essentiel d'accompagner la jeunesse, d'encourager leurs talents, de nourrir leurs motivations, leurs désirs, de les aider à affronter leurs peurs, qui sont naturelles.
"Il est grand temps de rallumer les étoiles" disait Apollinaire "tous les astres intérieurs que l'on avait éteints".

manoudanslaforet 17/01/2019 09:52

Quel beau texte j'en suis toute émue... J'ai essayé d'appliquer cela à mes enfants et je crois que j'ai pas trop mal réussi...

La Baladine 18/01/2019 11:38

Tu ne peux pas leur faire de plus beau cadeau.
Merci à toi.
Bises

Pastelle 16/01/2019 23:32

Quel merveilleux message.
Il me bouleverse car c'est sans aucun doute celui que ma fille aimerait entendre aujourd'hui.
Pas les mots pour la suite. Ils viendront. Merci de m'avoir aidée à les mûrir.

La Baladine 18/01/2019 11:36

Je crois que trop souvent, on fait taire la petite voix en nous qui murmure "si j'osais"... alors qu'elle est dictée par la tendresse... et c'est ainsi que le "si j'osais" prend des allures de "je t'en veux"...
J'ai posé mes mots ici, pour dire à voix haute ce que je pense depuis longtemps tout bas, et aussi pour transmettre, un peu, comme je peux. Il me semble qu'on gagne toutes et tous à dire ce qui nous différencie d'une norme qui ne nous rend pas heureux. Qu'aucun cœur ne mérite d'être mis sous globe, qu'il faut cesser d'avoir peur d'être nous-mêmes, et de nous réduire à une fonction.
Chez nos enfants, nos amours, nos aimé(e)s, dans la rue, sur les blogs, ici dans les commentaires, je vois des gens pleins de talents, des gens vrais avec des histoires vraies, beaucoup d'histoires vraies pleines de désirs.
Et par cette réponse à ton commentaire qui m'a cueillie, je veux dire que je me sens un peu à mi-chemin entre toi et tou(te)s les autres, et c'est pourquoi je dis mes secrets et pourquoi je répercute les autres, pour qu'on n'en ait plus honte, pour qu'on vive, en dessinant nos vies, comme autant d'œuvres d'art qui n'appartiennent qu'à nous-mêmes!
Je t'embrasse, avec reconnaissance.

celestine 16/01/2019 19:57

Une très belle ode à l'audace !
Celle de vivre selon son coeur, je la prône moi aussi à longueur de blog...
Bien sûr, nous sommes nombreux à ne pas avoir eu forcément une éducation idéale, aimante et incitative pour nous réaliser...mais notre chemin cabossé est quand même parvenu à se dessiner, à se construire, à s'accomplir.
Non je n'ai pas eu ces injonctions-là, de la part de ma mère. Mais mon père, sans injonctions, à réussi à m'insuffler sa positivité et sa force.
celle qui a permis que, par synchronicité, nos chemins finissent par se croiser.
Splendide ton billet, belle blonde.
Et ta lumineuse l'est, vraiment. Quelle fierté !
•.¸¸.•*`*•.¸¸✿

La Baladine 18/01/2019 11:08

En réalité, je me suis rendue compte il y a quelque temps à quel point je me sentais "étrangère" à ma famille originelle. Pas conforme. Aimée certes, mais pas pour ce que je suis intimement, de par ma nature profonde.
Ce qui est pénible, et tu en sais forcément quelque chose, c'est que quand tu t'évertues à tenter d'endosser une identité qui n'est pas la tienne, c'est un peu comme si tu marchais dans un univers trop étroit, avec un plafond trop bas. Tu te tiens de guingois, un peu raide, un peu coincée. Oh tu n'es pas malheureuse, mais tu n'es pas heureuse non plus.
Il y a beau temps que j'ai quitté tout ça. Mais je ne l'avais encore jamais exprimé publiquement.
Voilou voilou...
Sans ma lumineuse (qui n'est pas sur la photo, mais personne n'a donc reconnu la très talentueuse Jodie?), nous ne nous serions jamais croisées...
:-) ♥

alainx 16/01/2019 16:39

Peut-être faut-il différencier injonctions et conseils.
Je ne crois pas trop me tromper en disant que ceux de ma génération ont dû tenter de grandir dans une ambiance d'injonctions. ( dont un bon nombre avait trait à des interdits et des mises en garde…) Cela peut avoir sa valeur, à condition que soit donné le mode d'emploi !
— Fais-toi confiance !
— Oui mais, comment on acquiert confiance en soi ? Surtout lorsqu'on nous a seriné qu'on n'était qu'un bon à rien !
Alors l'injonction ne fait que déstabiliser un peu plus.

Dans mon enfance le principe était simple : il s'agissait de tout savoir sans jamais ne rien avoir appris.
Il aura fallu paralyser mon corps pour commencer l'apprentissage de la vie. Et pour y être accompagné.

Alors je crois que tout est là : apprendre à l'enfant et au jeune à conscientiser peu à peu l'extraordinaire potentiel de vie déposée en lui et qui ne demande qu'à jaillir pour son propre bonheur et celui de son entourage.
En lui reflétant ses réussites talentueuses et l'aider à cerner quelles potentialités il vit alors. En l'accompagnant dans l'analyse de ses erreurs et ses échecs et en retirer un plus pour la suite… etc.… etc. Je ne vais pas développer plus avant. Tu connais.

Tout ce que tu dis sous forme « d'impératifs » parfaitement valables, n'est-ce pas ce que tu aurais aimé vivre ? Et que tu vis à présent. Probablement parce que cela était déjà en toi en potentiel, en préexistence dont tu avais l'intuition. Parce que l'intuition de qui nous sommes vraiment fondamentalement se manifeste toujours d'une manière ou d'une autre. Et souvent dès la prime enfance. Sauf qu'il n'y a souvent personne pour entendre ça.

Je termine en disant que j'aime beaucoup ton texte parce qu'il exprime toute la beauté et la grandeur de tes désirs pour autrui. Et qu'il est toujours bénéfique d'entendre les espérances que d'autres ont pour nous. Après, c'est à nous de faire nos choix.
Et si c'est une photo de ta fille, tu peux être fière de ce que lui a apporté qui transparaît sur ce visage.

La Baladine 18/01/2019 08:02

Ta première phrase est juste à priori. Mais quand les conseils visent à te conduire sur des sentiers aux antipodes de tes désirs, de tes rêves, de tes possibilités, de ta personnalité, qu'on te demande certes ton avis mais sans jamais en tenir compte, ça n'a pas plus d'intérêt éducatif que des injonctions trop souvent semblables à des brimades.

Ton deuxième paragraphe est limpide et dit admirablement ce que doit être l'éducation, je dirais plutôt d'ailleurs l'accompagnement de l'enfant, de l'ado...

Je dis souvent dans mon texte "j'aurais aimé..." Evidemment j'ai fini par mettre en lumière ce que je sentais confusément être moi depuis toujours. Mais après tant d'années de mal-être, de renoncements silencieux, de colère empêchée et retournée contre moi, d'inertie mortifère! Et quelle somme de culpabilité quand j'ai tourné le dos...

Je n'en veux à personne. Il n'y a pas d'école pour apprendre à être parent. Mais j'ai définitivement effacé toute culpabilité. Et je n'ai plus peur de dire. Juste dire. Rien de plus, mais ça me donne encore un peu plus de force.

C'est donc une photo de Jodie Foster, mais qui par l'élan vital qui en jaillit, me fait beaucoup penser à ma fille. Et c'est à ma fille que je dois d'avoir commencé ce blog.
:-) ♥

Edmée De Xhavée 16/01/2019 08:00

C'est vrai qu'il est plus facile de foncer quand on ne nous saucissonne pas de peurs et d'avertissements. Autrefois on était en général moins aventureux, la vie se passait ici, dans le cadre qu'on connait, où on connait du monde. On connait les recettes de ce petit monde-là. De nos jours, le monde est devenu plus facile à arpenter, et le vieil adage "les voyages forment la jeunesse" prend une autre couleur, et hop!

Nos parents faisaient ce qu'ils pouvaient, et ce qu'ils croyaient bon pour nous. Et puis on n'est pas eux. A nous de déborder un peu ou beaucoup selon la hauteur des barrières :)

Bravo d'ouvrir en grand la porte à ta fille!

La Baladine 17/01/2019 15:11

C'est clair, on a bien assez de nos peurs instinctives sans avoir à porter par dessus le marché celles qu'on nous inculque.
Ce temps-là n'est pas si passé... Les enfants mis sous cloche, manipulés, étouffés existent toujours. Toujours "pour leur bien".
Déborder n'est pas si simple, quand on est encore petit(e). Ça expose à bien des humiliations qui laissent des traces tenaces.
Ma fille s'est envolée loin du nid à 17 ans... Un nid devrait toujours être un espace ouvert. Sécure, mais ouvert.
Bises libres

Dédé 16/01/2019 07:43

Coucou. Qu'elles sont belles ces lignes! Elles s'engouffrent dans mon cœur à leur lecture et me parlent intensément. Comme toi, j'aurais aimé entendre d'autres choses durant mon enfance. Cependant, j'ai décidé, depuis quelques années, de ne pas en vouloir à celles et ceux qui n 'avaient pas tout fait juste avec moi. J'ai décidé de lever la tête et de sourire à la vie. Et de profiter de la suite intensément, avec bonheur. Merci pour ce billet vivifiant. Et permets-moi encore de te souhaiter une très belle année 2019 pleine de cette rage de vivre! Bises alpines et belle suite de semaine.

La Baladine 17/01/2019 14:58

Mon but était moins d'exprimer un ressentiment que de poser les bons mots sur l'émotion dissimulée derrière la colère que j'ai pu ressentir, parfois, souvent... Sans juger pour autant. Ils ont fait ce qu'ils ont pu. Ils ont même dû penser faire de leur mieux. Mais leur mieux à eux n'était pas le mien.
Merci pour ton sourire, tes vœux, les bises et pour être venue ici pendant ta pause.
Bises sous un soleil enfin revenu sur la mer

julie 16/01/2019 06:46

Ma maman... j'peux ? :)
J'ai la peau qui frisonne... pourquoi diable je me sens pointée :D
MERCI Baladine, tes mots choisis me donneraient des ailes... :)
Douce journée. Bises tendres à partager avec ta belle source vivante fière et inspirante ;)

La Baladine 18/01/2019 12:03

Sinon, tu peux tout ici tu sais? Non, tu ne savais pas? Eh bien maintenant tu sais ♥

La Baladine 17/01/2019 14:43

Non c'est Jodie Foster. Sur les deux photos, la première extraite du film "la petite fille au bout du chemin", lui-même tiré du livre éponyme que ma fille a lu et relu et rerelu alors qu'elle avait le même âge que l'héroïne (13 ans). Sur la deuxième Jodie a un an de plus tout juste...
Mais ça pourrait être ma fille... Par ce quelque chose d'à la fois fragile, mature et lumineux...
Pointée? Ce n'est pas à toi que je vais dire qu'il ne faut s'occuper que de vivre... et d'aimer.
Bises tout aussi tendres

julie 16/01/2019 07:19

Mais ouiiiiiii... pour la cape du chaperon rouge ! Je me comprends :D
Ce sont des photos de ta fille ? De toute évidence elle est (b)elle ;)

Bonheur du Jour 16/01/2019 06:46

L'injonction de René Char est magnifique. Bonne route alors !

La Baladine 17/01/2019 14:38

Belle, unique, inspirée, inspirante! Du René char...
Merci d'être passée :-)

Isableue 16/01/2019 06:32

Que c'est vrai est joliment dit ! Nos sacs de vie ne seraient plus remplit de pierres mais de plumes légères, q'un souffle léger pourrait disperser. Un monde lumineux sans batailles !

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !
...
Bises ma belle

La Baladine 17/01/2019 14:29

Tu parles joli aussi ma brune, et pas que quand tu cites le bohème Arthur!
Vrai, ça me touche beaucoup que tu viennes jusqu'ici.
Et oui, il nous faut aussi compter sur la capacité des générations qui nous suivent à être bien meilleurs que nous. Ça commence par nos filles (là je parle pour toi et moi).
Bises affectueuses

bizak 16/01/2019 05:20

Si tout devait fonctionner comme cela, l'amour gagnerait en grandeur, le chemin serait aussi doux que le fleuve qui emporte nos fêlures sans turbulence et sans débordement et la peur disparaîtrait à jamais de nos écrans de vie. Un joli texte aussi beau et aussi profond que celui que je viens de quitter chez la rousse. Femmes de tout bord de toutes conditions je vous aime.
Merci Labaladine
Bises de la nouvelle année

La Baladine 17/01/2019 14:25

Plus on a d'amour, plus on en donne, plus il grandit. Et aussi naïf que ça puisse paraître à certains (beaucoup), nous n'avons que l'amour pour sauver le monde. L'amour, la génrosité, l'ouverture.
Très belle année à toi aussi cher poète matinal :-)

Shlo 15/01/2019 23:37

https://www.youtube.com/watch?v=MW1eQZ_PEb4

La Baladine 16/01/2019 09:02

Tellement inspirant... Dans la même veine, même si exprimé différemment https://youtu.be/wHGqp8lz36c
♥♥♥