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Histoires de vie, et de vies...

Focus

Focus pour mise au point. Au cas où. 

Focus

 

Si jamais j'ai donné dans mon précédent billet le sentiment d'émettre une quelconque plainte, c'est que j'ai raté mon but, qui était de décrire aussi simplement et sincèrement que possible ce que peut être le quotidien d'une aidante, qu'une seule lettre sépare de l'aimante, et qui a dû apprendre à faire cohabiter les deux en elle sans que l'une ne mange l'autre.

Evidemment, il n'était pas question de rentrer dans les détails pratiques, qui ne regardent que lui et moi. Mais de rendre compte, d'expliquer l'énergie dévorée, les accès de fatigue, les phases de silence... Faire toucher du doigt aussi l'idée que peut-être, sans doute, chacun(e) d'entre vous côtoie, parfois sans le savoir, quelqu'un dans un cas similaire, quelqu'un qui n'en parle pas plus que ça, ou avec juste assez de légèreté pour que vous ne mesuriez pas les kilos de plomb qui pèsent sur ses épaules. C'est très souvent une femme, mais ça peut être un homme. Quelqu'un qui prend en charge, quotidiennement, la dépendance d'un proche, une mère un père un grand-parent un conjoint un enfant un frère une sœur. Quelqu'un de votre entourage familial, amical ou professionnel, qui n'est plus toujours disponible pour un verre, un déjeuner ou une sortie, qui est souvent fatigué sans crier gare, ou plus désabusé que de raison. Qui se concentre un peu moins bien, un peu moins longtemps, qui oublie souvent ci ou ça, qui se met à toujours traîner quelque chose, un rhume, une douleur, quelque chose d'à la fois sourd et lancinant. Qui est sujet à des sautes d'humeur, aussi soudaines qu'inexpliquées.Ce sont juste des signes d'épuisement. 

C'est difficile pour l'aidé(e), c'est difficile pour l'aidant(e). Pour autant un cas ne ressemble jamais à un autre. Et que l'aidé soit l'être aimé, celui avec lequel on a choisi d'accomplir le compagnonnage d'une vie, celui qu'on admire, qu'on découvre, qu'on redécouvre sans cesse, dans des situations que personne n'a envie d'envisager, dont personne n'a envie d'entendre parler, que ce soit cet être là à qui il arrive cette chose là, je vous prie de me croire sur parole, ça ne facilite pas l'affaire. Etre l'accompagnante, l'aide-soignante le taxi l'infirmière j'en passe et des pires, et aussi, surtout, l'amoureuse la compagne l'épouse l'amante, être à la fois tout ça en même temps et tour à tour, jour et nuit comme nuit et jour, c'est une chose qui ne se conçoit pas tant qu'on ne la vit pas. Je ne peux parler qu'en mon nom, même si nous sommes des millions. Mais je vous le dis, je vous l'affirme, par delà la fatigue et les douleurs, les coups de gueule (bienfaisants car ils rappellent qu'on est aussi un couple ordinaire) et les coups de blues, je le fais par amour, par obstination d'amour, en m'acharnant à y puiser le meilleur, et en m'émerveillant de m'y enrichir chaque jour. Surtout pas par devoir. Je déteste les devoirs, tous les devoirs. Le désir est mon moteur, et je vous souhaite à tous et toutes de n'avoir que celui-là, tant il révèle en soi-même de choses précieuses, de curiosité de l'autre,  et d'ouverture au monde.  

J'y ai aussi appris que le monde regorge de personnes formidables, vous m'en avez donné une fois de plus donné la preuve dans vos commentaires pour la plupart extraordinairement pudiques, bienveillants et positifs, et à vous et à celles et ceux qui me lisent en silence, ainsi qu'à ma Val que j'aime si fort je veux dire, parce que je le pense très profondément:

Focus

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À propos
La Baladine

Athée, laïque, féministe assurée et romantique assumée, universaliste, républicaine, rieuse et mélancolique, résolument positive dans un monde dépressif, agitatrice de cervelle, gratteuse infatigable du vernis des humains pour voir ce qu'il y a dessous... "Je ne fais effort ni pour qu'on m'aime ni pour qu'on me suive. J'écris pour que chacun fasse son compte." Jean Giono
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A
Bon, trois mois c'est bien pour une pause !
Pas falloir songer à reviendre maintenant !
;-)
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L
Ton lapsus m'a fait rire! C'est vrai que la pause a été longue, et complète. Mais enrichissante, à sa façon.
J'ai des tonnes de lecture à rattraper, chez toi et chez tant d'autre! La rentrée s'annonce chargée, c'est chouette!
Merci du fond du cœur d'avoir été là.
Bisoudoux
A
"VA falloir"... Evidemment !
P
Il y a bien longtemps que tu n'as plus écrit, mais nous savons qu'il y a des raisons à cela. J'espère néanmoins que cela va du mieux que cela peut aller et t'envoie mes pensées amicales ...............
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L
Sais-tu que la pivoine est ma fleur préférée? Ton pseudo me ravit toujours autant :-)
T
Tu me manques...
Tes mots me manquent...
Des bisous
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L
C'est tellement gentil! Merci. Beaucoup. Bisôssi
A
Une pensée douce.... et même beaucoup!
Répondre
L
Toi tu fais neiger la lumière partout où tu passes! ♥
N
Ton absence ici est je l'espère, une présence accrue ailleurs, mais un ailleurs qui va bien ! Pensées.
Je t'embrasse.
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L
Ça m'était juste nécessaire. Merci d'être passée. Bise douce
P
Une petite pensée en passant...
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L
C'est du soleil. Merci ♥
A
Un petit signe, en espérant que tu vas le mieux possible.....
Bises douces
Répondre
L
J'étais partie un peu "loin"... Merci ♥
Douceur en retour
L
Ma Baladine, discrète mais pas muette, forte, entêtée (car il en faut aussi), passionnée, amoureuse et si profondément humaine!
Répondre
L
Merci pour ce très joli patchwork de mots... Bise tendre
C
Bienveillante et positive : c'est ce que j'essaie d'être à quotidien, même si bien souvent je me suis fait traiter de bisounours par des esprits grincheux. ;-)
Et je continuerai à admirer et encourager les gens qui ont des épreuves très difficiles à vivre et qui les vivent avec courage, force et amour. ❤️
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Répondre
L
Bah il suffit de laisser les grincheux grincher ou, comme dit ce cher AlainX, pisser leur vinaigre ;-)
J
Difficile de comprendre la fatigue d un aidant quand on ne l a pas vécu. Depuis un mois, j aide ma fille quelques nuits par semaine. Les jumeaux ont décidé de prendre des bibs toutes les 3 heures et le lait enrichi n a pas résolu le problème. Le papa, pompier, fait des gardes de 24 heures et notre fille est souvent seule.
Elle doit garder un peu d energie pour sa fille de 8 ans.
Donc me voilà, armée de toute ma bonne volonté pour m.occuper de ces bébés.
C est epuisant, on ne peut dormir qu une demi heure par ci, par là.
J ai vu ce qu est la fatigue, le manque de sommeil.
À 4 heures du mat, on a envie de les mettre au fond du jardin pour ne plus entendre les pleurs.
Et une heure plus tard, leur joli sourire nous fait fondre.
Ce n est pas du devouement, une sorte d obligation.
Non, c est de l amour tout simplement.
Et depuis 2 ou 3 nuits, ils dorment 6 heures d affilé. Victoire !!!
Pour nous, la fatigue s'estompe. Mais je sais maintenant que des nuits sans sommeil bouffent notre energie. Mais il n y a pas toujours de solution
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L
L'amour est fait de tant choses, de hauts, de bas, de force et de douleur aussi, mais il apporte tant de joies!
Ils doivent avoir bien grandi déjà!
B
Une Aimante et un Aimant s'aidant ….Beau témoignage d'une histoire d'Amour particulière mais je ne retiens que ce qui est … Un Amour ( je te met le petit cœur là tu sais celui que je n'arrive pas à imprimer ) ….
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L
Formidable résumé. Merci ♥
P
Je suis allée vérifier mon commentaire précédent, oui je parlais bien d'amour. Et d'équilibre à trouver.
Je pense que beaucoup auront compris au premier tour qu'il n'était pas question de plainte, cependant cette note a permis une grande richesse dans tous les échanges, que j'ai lus avec beaucoup d'attention.
Merci pour cette porte que tu ouvres vers l'humanité de chacun.
Et très joli choix pour la photo d'Audrey, qu'il est amusant de comparer avec celle de ton profil... :)
Répondre
L
Oui, la plupart des commentaires allaient dans le bon sens, mais parfois il suffit d'une phrase pour douter... qui ne vient pas de toi non plus :-)
Merci à toi ♥
Je suis interloquée par le parallèle que tu fais entre les photos, je cherche...
A
Merci à toi Sylvie et merci à tous pour ces échanges très nourrissants, même si je ne suis pas concernée par cette situation j'y suis très sensible.
Répondre
L
♥♥♥
A
Le billet précédent était moins l'expression d'une plainte que le témoignage d'une femme aimante dans un amour partagé, où chacun fait sa part dans le tragique de l'adversité. On est loin de l'amour guimauve ou romanesque. Personne n'abandonne son courage, ni toi, ni lui. Et l'amour est votre force. La fatigue qui affaiblit au cœur même de nos forces humaines, c'est autre chose.
Se donner le courage d'être fatiguée. Puisqu'il s'agit de s'offrir le repos légitime. Celui qui répare la barque. Paradoxe s'il en est.

Je te remercie pour ce billet « focus », il se voulait une mise au point quant à l'objectif du précédent. De fait, le billet fonctionne comme un zoom arrière, partant de votre expérience avec sa réalité, puis le champ s'élargit à celles et ceux qui accompagnent un être cher qui a perdu ou perd son autonomie, ce bien si précieux pour chacun de nous.

Tu exprimes avec une grande justesse ce que d'autres vivent dans une sorte de quotidien si peu visible à celui qui n'y est pas confronté. Alors beaucoup peuvent s'y reconnaître. En tout cas, ceux qui font « tout par amour ». Pour quelques-uns qui sont animés par des sentiments insuffisamment nobles, il en est des milliers que la générosité, la bonté et l'amour animent au quotidien. Bien entendu par 24 heures sur 24. Pas quand on a envie de tout abandonner… et encore, même dans ces moments-là l'intensité du lien accompli des miracles.
C'est difficile aussi pour l'aidé de ne pas être à la mesure d'une réciprocité qu'il vaudrait pouvoir offrir lui aussi . Alors il le fait à sa mesure. Et d'ailleurs ni l'un ni l'autre ne peut faire au-delà de sa mesure. C'est parfois l'erreur de croire que l'on peut « toujours plus » et quelques soient les circonstances.

Sans parler de mon expérience de couple, j'ai côtoyé beaucoup de gens admirables dans l'intensité qui forçait mon admiration. Que ce soit dans mon métier d'aidant, ou dans les centres de rééducation où l'on voit le meilleur comme le pire en termes de relations « qui changent ». Les situations sont tellement complexes que jeter la pierre à quiconque concourt à quelque chose qui risque de tenir du lynchage…

Alors je te remercie encore de partager un peu de la réalité qui est la tienne, la vôtre. Parce que seule la réalité et sa part de vérité et de concret permet d'avancer un peu plus ensemble en humanité.
Répondre
L
@Ghislaine
L
Je ne sais que te dire, sinon merci d'avoir si bien compris, et détaillé ce que je voulais exprimer. De me dire que tu sens ma sincérité. Toi qui sais mieux que personne ce dont je parle.
De "parler" aussi de toi et de ton couple, même si tu n'en parles pas expressément.
De recevoir mon témoignage avec autant de simplicité.
D'être toi, d'être là.
G
Un seul mot "Merci". Merci à vous Sylvie et Merci à Alain pour votre humanité.
Bises pleines de tendresse et d'émotion.
P
Sous toutes réserves d'avoir suffisamment été nuancée... mon commentaire n'est pas très aéré...
Répondre
L
Aucun souci :-)
P
Ce sont des situations tellement complexes...

au début de mon mariage, nous avions un couple d'amis qui s'est marié à peu près en même temps que nous. Mon ex, elle et moi avons été profs dans la même école. Vers l'âge de 30 ans, elle a sombré dans une dépression profonde et des délires inquiétants. J'étais très mal à l'aise et j'ai un jour dit à mon mari qu'à la place de notre ami, je l'aurais ramenée à ses parents. Et pourtant je me souviens tellement de ce qu'il m'a dit (son mari). Je l'ai épousée pour le meilleur et pour le pire eh bien voilà, j'ai eu le pire. Puis elle a eu le diagnostic précis et a été soignée.

Et il est resté avec elle, ne vivant que pour elle. Il est dommage d'ailleurs qu'ils ne se soient pas fait aider davantage... (dans une ville comme Bruxelles les possibilités ne manquent pas!) le fait est qu'elle a été longtemps stabilisée, a quand quand même fait une carrière de prof à quel prix...

les deux seuls plaisirs qu'il s'est octroyés, c'est la clope (mauvaise idée ) et la duvel (une bière assez forte) tous les jours. Nous sommes aussi restés amis mais cela n'a pas toujours été facile, pcq dans son cas à elle, la médecine tâtonne... mais son cas est particulier.
Je pense qu'il l'a fait par amour sans doute. Et par sens du devoir. Peu importe. Ce qu'il faisait, c'était de l'amour.

Je ne sais pas si j'aurais su le faire... et aujourd'hui qu'elle est seule, c'est difficile pcq cela retombe sur sa famille. Et en seconde ligne sur ses amis. D'autant que dans son cas, on connaît des solutions qu'elle refuse par déni de sa maladie... mais par rapport à mes 30 ans, je suis devenue plus compréhensive, enfin moins catégorique. Parce que parfois quand même, j'ai du mal.

J'ai pris cela comme exemple pcq je ne puis me prononcer sur ce que tu vis, sauf qu'avoir un endroit où parler est sûrement une bonne chose... ce n'est pas le cas -je te perçois comme très discrète- mais quand bien même tu te plaindrais, où serait le mal? (Hum je me suis bien plus plainte dans mes blogs, alors même que le plus dur était derrière moi, bien sûr...)

Pensées toutes amicales !
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L
En fait, tu mets le doigt sur des choses très justes. La difficulté qu'on a à concevoir ce qui ne nous arrive pas personnellement, mais touche quelqu'un qui nous est cher, la façon dont on pense qu'on réagirait... Et personne ne peut savoir à l'avance. Ça nous arrive, et on fait avec ce qu'on est, ce qu'on sent. Certain(e)s restent par esprit de sacrifice, certain(e)s partent, certain(e)s aiment, tout simplement, et vivent heureux souvent, malheureux parfois, comme tout le monde, avec peut-être juste un peu plus d'intensité...
La plainte n'est pas dans ma nature... Mais tu as raison, il n'y a aucun mal.

Bises
D
Je te dis simplement Merci. Merci pour dire la beauté de l'Amour avec un grand A, même dans les moments les plus difficiles. Merci d'être si belle au-dedans et au-dehors. Merci d'être toi. Je suis émue en te lisant. Bises alpines venteuses et enneigées.
Répondre
L
Je suis quelqu'un de très ordinaire, ma Dédé, c'est mon quotidien qui ne l'est pas. Notre quotidien à tous les deux, on ne choisit pas, certes, mais on le vit, et on est surpris de voir à quel point on y trouve de belles choses. Comme les petits mots doux. Merci.
De la neige en mai... Fichtre!
Bises de mer sous la pluie
L
Bien sûr que le monde regorge de personnes pleines de bonté.
Bien sûr aussi qu'on sent chez toi -comme chez d'autres dans la même situation- l'épuisement.
Que ce soit sous forme de soupirs de lassitude ou de mouvements d'humeur.
Il n'y a rien de plus normal.
Vivre dans le malheur de l'autre et tenter de le soutenir envers et contre tout est une lourde tâche et être un héros est risqué car la caractéristique du héros est d'être mort donc d'échapper à la dureté de la vie...
Mais malgré tout, c'est AUSSI un devoir.
En plus tu te ferais honte si tu laissais tomber parce que ton désir te mènerait ailleurs.
Tu vois, une fois encore je ne suis pas entièrement d'accord avec toi : Il y a des choses qu'on fait parce qu'il faut les faire et pas forcément parce qu'on les aime.
Un peut comme le général Bradley avait dit au général Patton "Je fais cette guerre parce qu'il faut la faire, vous la faites parce que vous aimez ça."
Les mobiles qui poussent à faire quelque chose donnent le sens à ce qu'on fait.
L'amour est la plus noble cause qui soit.
Autrement honorable et motivante à mes yeux qu'un salaire.
Répondre
L
@Ambre, moi ce qui me chiffonne c'est que, quand je dis le fond de ma pensée, quelqu'un arrive et me dise " non non tu te trompes ce n'est pas comme ça que tu penses". C'est désobligeant et ça n'apporte rien, si ce n' est à l'importun l'impression d'avoir ramené une science qu' il ne possède pas, n'étant pas moi. J'admets tout à fait qu'on puisse ne pas comprendre mon point de vue, qu' on pense le vivre soi-même autrement, mais qu' on mette en doute ma vérité, non.
Je t'embrasse ❤
A
Je suis triste de lire ce genre d'échanges.
Il faut faire très attention lorsqu'on écrit, la communication n'est déjà pas évidente en soi, mais là, sans avoir l'autre en face et pouvoir rectifier le tir immédiatement.. Oh lala.
Il faut faire attention, tout de même....
L
Révise ta sémantique.
L
Tu vois des jugements là où il n'y en a pas.
Mais bon...
L
*Que tu remplaces...
L
Tu remplaces partir par abandonner est en soi un jugement. Et je te le laisse. J'ai le droit de vivre ma vie comme je l'entends, sans avoir de comptes à rendre à quiconque.

Pour ce qui est de m'engueuler avec qui que ce soit à ce sujet, je te rassure, j'ai entendu depuis 21 ans que le diagnostic a été posé tellement d'âneries, à son propos comme au mien, que je suis blindée :-D
L
Et puis j'arrête là parce que je sens que tu es au bord de l'engueulade et que ça ne sert à rien.
L
Tu es sûre que toi tu ne fais pas semblant de ne pas comprendre ?
Je ne portais pas de jugement.
Il n'y a aucune honte à percevoir un salaire pour travail, quel qu'il soit.
Faire la même chose par amour est, comme tout ce qui est censément gratuit, moins courant.
Et je ne confonds pas le désir et le plaisir, le second étant vu comme la conclusion du premier... ;-)
Personne n'a dit que tu ne faisais les choses que par devoir, tu le sens comme ça parce que c'est moi qui ai commenté ce qui prouve une fois de plus que le plus grand obstacle à la communication reste le langage...
Tu dis que tu n'aurais pas honte de partir si tu ne l'aimais plus autant.
Remplace simplement "je n'aurais pas honte de partir" par "je n'aurais pas honte de l'abandonner".
Le résultat serait le même pour lui.
Mais qu'en penserais tu ?
Tu vois bien qu'il n'y a pas de moralisateur particulier, juste un angle de vue.
Parce que je n'oublie pas qu'on dit de quelqu'un qu'il a des préjugés juste parce qu'il n'a pas les mêmes que soi.
Et non, tu n'es pas une héroïne, juste quelqu'un qui, comme des tas dans la même situation, fait preuve du courage nécessaire, que ce soit par amour, par devoir ou les deux.
Le reste n'est que littérature et sujet de disputes stériles.
L
Punaise, je n'arrive pas à savoir si tu fais exprès ou semblant de ne pas comprendre. Non, je ne suis pas une héroïne, je ne joue pas à l'héroïne, je suis moi.
Pour ce qui est du devoir, je te renvoie à ma réponse à Nikole.
Une fois pour toutes et quoi qu'il puisse t'en déplaire, je ne fais pas les choses parce qu'il faut les faire mais parce que j'ai le désir de vivre avec cet homme-là, dans la situation où nous sommes. Ce qui n'a rien à voir avec le plaisir, plaisir et désir sont deux choses bien différentes, et l'une n'induit pas systématiquement l'autre.
Et non, je n'aurais pas honte de partir si je ne l'aimais plus aussi profondément que lorsque je l'ai connu. La honte, je la laisse aux moralisateurs qui voient les choses de leur fenêtre, à travers un prisme qui leur est personnel, et voudraient qu'il s'applique à tout le monde. Je ne suis pas tout le monde.
Et je n'ai aucune honte non plus à percevoir une allocation qui tente de compenser un brin le fait que je ne puisse pas exercer d'activité professionnelle en même temps qu'être la seule aidante de mon homme.
Ça ne motive pas, mais ça aide.
N
J'évoque dans le com suivant le mot "plainte" pour infirmer, car j'ai tout lu de mes retards avant que de répondre.
Tu dis : "Je déteste les devoirs, tous les devoirs. Le désir est mon moteur, et je vous souhaite à tous et toutes de n'avoir que celui-là, tant il révèle en soi-même de choses précieuses, de curiosité de l'autre, et d'ouverture au monde." C'est étrange car c'est une question que je me suis posée il y a peu que celle de réfléchir à ce que je fais par devoir, et ce que je fais par plaisir. Je ne parle pas du contexte qui est le tien, où je suppose que j'agirais moi et par amour et par devoir. Et je ne sais pas quelles sont les limites de ces deux concepts-là. Je souhaite à tous deux beaucoup d'amour courageux, mais je ne doute pas qu'il soit très présent. Tendresses.
Répondre
L
Etant donné que par le mot devoir, on entend ce à quoi on est contraint, obligation, loi morale, cas de conscience, je peux dire en toute sincérité que non, je n'agis pas par devoir. Rien ne m'y oblige de ma conscience, rien que les sentiments que j'éprouve pour lui, et si je n'éprouvais pas ces sentiments, si je n'avais pas cet attachement profond, mystérieux, ancré, du cœur et du corps, je partirais sans état d'âme ni scrupule, et en me fichant pas mal du qu'en dira-t-on.
Mais c'est quelque chose de tout à fait personnel, et je ne m'aventurerais pas à juger qui que ce soit dans une situation similaire.
Quitte à en décevoir certain(e)s, je n'ai guère le sens du sacrifice, pas plus que, comme le chantait Barbara, "la vertu des femmes de marins" ;-)
Tendressaussi ♥
C
Je n'ai jamais trouvé que tu te plaignais. Tu parles de ton vécu avec infiniment de délicatesse : on ressent l'amour, la tendresse très grande que tu éprouves pour lui! Attentive aussi à ne pas te laisser envahir par la dureté de ta situation d'aidante, à rester son aimante
En fait, si tu n'en parlais pas, on ne saurait pas...mais un blog n'est-ce pas le lieu où l'on peut s'exprimer en toute sincérité
Cela nous touche (enfin, cela ME touche) de lire que ton quotidien n'est pas de tout repos. Et je te dis MERCI d'être cette femme capable d'aimer (d'aider aussi) dans les difficultés
Je salue au passage ton homme courageux!
Répondre
L
Merci, tu exposes là tout ce à quoi je voulais en venir. Merci pour la lecture attentive, pour la compréhension. Merci pour lui, qui fait tant pour moi!
Bisou ♥
A
Bonjour Sylvie,
la mise au point n'était pas nécessaire, pour autant cette fois encore, tes mots m'ont emportée exactement là où tu voulais qu'ils aillent.
Que puis-je rajouter, si ce n'est des bises douces?
Répondre
L
Les bises je prends, surtout quand elles sont douces! Je t'envoie les mêmes en retour. Merci ma belle ♥
T
Bonjour
J'ai lu ton témoignage avec beaucoup d'intérêt et une grande émotion.Je suis dans la même situation que toi depuis plus de deux ans.
A la cancérologue de mon mari qui m'a demandé comment je fais pour garder le cap , j'ai répondu qu'il faut juste beaucoup s'aimer.
Avoir besoin de s'exprimer n'est pas se plaindre c'est poser des mots sur des maux avec pudeur et amour.
Cordialement
Répondre
L
pfff... ma réponse est partie trop vite, je n'ai pas eu le temps de dire: tu fais partie de mes très belles découvertes.
Emotion ♥
L
Ambre, je ne sais que te dire, sinon que te suivre et te lire est une belle et enrichissante expérience... Tu f
A
Sylvie, j'ai été tellement, tellement touchée par ce que tu as dit de "l'aidé" sur ta note précédente.
Encore une fois, je te trouve admirable, je vous trouve admirable, vous qui dans une situation si dramatique ne baissez pas les bras, que ce soit par "devoir filial" (je suis dans ce cas avec mon frère, même si je l'aime AUSSI :-)) ou uniquement par amour, ce n'est pas simple tous les jours, malgré tous les malgré, et MÊME quand on s'aime.
Peut être surtout quand on s'aime, car tout est remis en cause quelque part, ce que l'autre était en capacité de donner et de partager et qu'il ne peut plus faire... Bon enfin je m'arrête là, je ne vais pas me permettre de commenter plus avant une situation que je ne vis pas. Mais elle a des échos en moi (cf mon frère comme dit plus haut) et je trouve que tu dis les choses avec justesse. Cela m'apporte beaucoup, merci infiniment Sylvie.
Bonne journée et bises à toutes les deux (je parle aussi à Tinou)
L
@Tinou, je compatis et vous souhaite à tous deux la guérison. Pensées douces ♥

@Ambre, "l'art de l'aidante" n'est rien sans l'aidé. C'est la réciprocité qui fait le taf, en fait ;-)
A
Bonjour Tinou, tellement pensé à toi en lisant
"il faut juste beaucoup s'aimer" mais tout l'art de l'aidante n'est-il pas d'y laisser jusqu'à son amour?
Des bises douces à toi aussi
E
Je l'avais bien lu comme tu as voulu "le dire". Pas une plainte. Mais un autre décor pour l'amour, qui n'est pas le décor habituel, avec le look glamour glad amour du cinéma.

Ici au fond tu mets en évidence la grandeur et la beauté simple d'un amour qui perçoit sa dîme quotidienne parce que sans que ce soit un "coût", c'est un nouvel engagement perpétuel, qui ne peut avancer que sans la parfaite synchronicité entre celui qui aide et aime et celui qui est aidé, aimé, et aime.
Répondre
L
Je sais que tu avais compris. Merci infiniment d'être revenue le dire, toujours avec la même clairvoyance ♥