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Histoires de vie, et de vies...

Mélancolie, lumière, combat

Il y a des jours où quand le jour se lève

On voudrait rentrer tout au fond d'un rêve

Et s'endormir lorsque le clocher sonne

Il y a des jours où l'on n'est plus personne...

Alors on ferme les yeux un instant

Quand on les rouvre tout est comme avant...* 

Mélancolie, lumière, combat

Le monde convulse. La troisième guerre mondiale jette son ombre sur le présent, la planète brûle de souffrance. L'Arménie est menacée d'épuration ethnique, la démocratie taïwanaise tremble sous la menace des autocrates de Pékin, le port du hijab est devenu obligatoire dans les écoles de filles de Gaza, les homosexuels  sont persécutés par les djihadistes dans des mises en scène barbares (avec la bénédiction des évangélistes), douze millions de filles (entendez par là "enfants") sont mariées chaque année, filles et femmes qu'on excise toujours au nom de la culture, les droits des femmes reculent aux États-Unis. Toujours, chaque jour, entre 6 000 et 12000 personnes meurent de faim.

Il n'a jamais été aussi crucial, dans nos temps modernes, de protéger les droits humains et de maintenir la paix. Sauver le monde.

Là-bas, pas si loin, les Ukrainiens ne plient pas sous le déluge des bombes poutiniennes, les Iraniens sont au cœur de leur révolte contre l'islamisme, les Afghanes encore debout face aux Talibans. 

Ici même, en France, le 16 octobre 2020, Samuel Paty était sauvagement assassiné, décapité par des obscurantistes islamistes devant le collège où il enseignait la laïcité, la liberté de conscience, le droit à la caricature et la liberté d'expression. Ici, en France, on a des gens prétendument de gauche, ceux-là même qui, par une spectaculaire contorsion de méninges, prétendent commémorer la rafle du Vel d'Hiv sans prononcer le mot juif, des gens, donc, prétendument de gauche qui affirment rendre hommage à Samuel Paty sans parler de terrorisme islamiste.

Ici, en France, on a des gens prétendument de gauche qui préfèrent épouser la cause des tyrans  déclenchant des guerres et envoyant moisir dans des geôles les peuples et individus  qui se dressent contre eux, plutôt que les aider en leur donnant les moyens de résister.

Ici, en France, on a des gens prétendument de gauche qui appellent à la grève générale, à défaut d'avoir gagné les élections. Tout conflictualiser. Semer la division et le chaos. Sans se soucier de ceux qui galèrent et s'épuisent à cause de la pénurie de carburant. Sans la moindre solution pour venir à bout des périls qui nous menacent. Une prétendue gauche qui n'est plus guère qu'un nid d'idéologues assoiffés de pouvoir et prêts à tout brûler pour y parvenir.

Et c'est ainsi qu'ici, en France, on a des gens prétendument de gauche qui réduisent le combat des Iraniennes au libre port du voile, quand elles risquent leur vie pour le droit fondamental de vivre libres. Parce que c'est bien le propre de l'idéologie, tordre la réalité jusqu'à la torture pour qu'elle se plie à l'idée. Quitte à infantiliser les femmes pour mieux les dominer, prétendre qu'elles ne sont que victimes inconscientes d'une oppression systémique dont elles seraient incapables de se défendre seules. Les Iraniennes, soutenues par nombre d'Iraniens, héroïques, nobles, belles jusqu'à la blessure, les Afghanes qui, avec un courage inouï, tiennent tête aux Talibans, nous prouvent le contraire et nous obligent. Tant qu'elles ne sont pas libres, personne ne l'est vraiment. La résistance des Ukrainiens face au fascisme poutinien, aux viols de guerre, nous oblige. Viols de guerre aussi en Afghanistan, en Iran, au Congo, en Éthiopie... Tant qu'elles, tant qu'ils ne sont pas libres, personne ne l'est vraiment.

Le monde convulse, et l'ombre se fait glaçante. Parce que la liberté est universelle, plus que jamais, la solidarité universaliste est immensément, éperdument nécessaire. Pour que la lumière reprenne vie à l'horizon de notre humanité.

Ce 16 octobre 2022, sinistre jour anniversaire de l'assassinat par la folie islamiste de Samuel Paty, je rêve qu'une armée de vivants se lève pour affirmer qu'en aucun cas, le corps des femmes n'est un instrument de guerre, que la liberté des femmes ne souffre aucune discussion, que le droit à la caricature est essentiel comme il est essentiel de savoir penser contre soi-même, accepter d'être contredit, accueillir la complexité du monde. Une armée de vivants qui tient la laïcité pour ce qu'elle est, un espace d'ouverture, de partage et de générosité. Et de libre expression, fût-elle moqueuse.

Alors non, je ne me contente pas de taper sur les gens prétendument de gauche, j'adresse les mêmes reproches à l'extrême-droite. Non, je ne me trompe pas de combat, ni d'ennemi. Mon combat est celui de tous ceux qui refusent d'assujettir leur pensée à un dogme, une idéologie, une doctrine. 

Alors oui, je sais bien, dans le chaos ambiant, mes mots sont dérisoires, plutôt inutiles, mais ils sont à moi et je les livre aux quatre vents du net, en me disant qu'après tout, si c'est inutile c'est tout autant indispensable, et que, peut-être, sait-on jamais, ils ne seront pas perdus pour tout le monde. Histoire de dire mon soutien, sortir du rêve, m'offrir une joie, et tendre cette joie à qui voudra la prendre.  

 

 

* Yves Duteil, Mélancolie

Dessin de Shamsia Hassani, première street artiste afghane https://www.shamsiahassani.net/

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La Baladine

Athée, laïque, féministe assurée et romantique assumée, universaliste, républicaine, rieuse et mélancolique, résolument positive dans un monde dépressif, agitatrice de cervelle, gratteuse infatigable du vernis des humains pour voir ce qu'il y a dessous... "Je ne fais effort ni pour qu'on m'aime ni pour qu'on me suive. J'écris pour que chacun fasse son compte." Jean Giono
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P
Il y a tant de combats à mener encore, ici et ailleurs. J'ai une immense admiration moi aussi pour ces femmes, et les hommes qui les soutiennent, prêts à payer de leur vie leur liberté d'agir et même de penser. <br /> Alors non, les mots ne sont pas inutiles, surtout lorsqu'ils sont si bien exprimés.... Ce sont de petites graines, et les petites graines sont toujours importantes. <br /> <br /> PS : Je suis allée sur le site de Shamsia Hassani, c'est superbe ce qu'elle fait, très fort. <br /> Et j'aime cette phrase en exergue : "L'art change les esprits et les gens changent le monde".
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L
Merci. Pour tes mots, pour tout. Et pour toi, pour elles, voici https://twitter.com/Limportant_fr/status/1587038033886547969?s=20&t=r-6Hy_vfrm7UEZymx2FM2A
D
Les mots semblent dérisoires, c'est vrai. Mais si chacune et chacun d'entre nous pouvaient les prononcer à haute voix, cela serait déjà beaucoup. Alors s'il faut faire partie de l'armée des vivants qui dénoncent, dénonçons, haut et fort, sur nos blogs, sur nos murs, ici et là, dans nos cercles familiaux, et ailleurs. L'humanité ne peut avancer que grâce à ces hommes et ces femmes qui dénoncent, inlassablement. Bises alpines.
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L
Merci infiniment. Merci de me conforter. Je te rejoins tellement! <br /> <br /> "Mal nommer un objet c'est ajouter au malheur de ce monde" disait Camus. Ne pas le nommer, ne serait-ce pas, quelque part, nier notre humanité? Nommons les choses, disons-les, dénonçons-les, sans relâche, sans tiédeur, sans aquoibonisme, en tournant le dos, résolument, définitivement à l'indifférence. <br /> Et non, ce n'est pas juste pour avoir bonne conscience, c'est pour dire "comment pouvons-nous vivre heureux dans un monde où des femmes se font tirer dessus à balles réelles parce qu'elles sont femmes, parce qu'elles ont un corps de femmes? Où un pays peut décider d'en annexer un autre, quitte à l'anéantir?" Je ne sais pas comment font ceux qui parviennent à se faire à ce genre d'idées, moi je ne peux pas. Et je cherche, sans cesse, comment agir, à mon tout petit niveau.<br /> <br /> Bises maritimes 💙💛
L
Comment ne pas te rejoindre sur tout ce que tu exposes dans ce billet d’une extrême intelligence ou chaque mot transpire l’humanisme qui te caractérise. Mille fois je te rejoins en partageant tes inquiétudes et ta saine colère. Mes mots sont bien pâles à côté des tiens, tu as toute mon admiration et mon soutien pour que tu poursuives, sans relâche l’envie de pointer du doigt pléthore d’injustices, mais aussi nous emmener sur des jolis chemins pleins de sucre et de soleil dont tu as le secret. TVBAAA
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L
💖💖💖
A
Dans le chaos, les mots d'espérance, même exprimés avec vigueur, force est véhémence, ne sont jamais dérisoires et encore moins inutiles.<br /> Si personne ne le fait, même les pierres crieront !<br /> Voilà le mérite de textes comme les tiens.<br /> <br /> Le combat pour la (les) liberté(s) est un combat sans répit, dont l'existence est intrinsèque à la condition humaine des hommes et des femmes.<br /> Il convient de le circonscrire le plus précisément possible. Ainsi tu écris : « Mon combat est celui de tous ceux qui refusent d'assujettir leur pensée à un dogme, une idéologie, une doctrine. »<br /> Je pense que chacun adopte sa propre pensée comme il le souhaite. On peut adhérer à une doctrine dans laquelle on se reconnaît, on peut en construire une autre, un mode de pensée spécifique, un style de vie personnelle. Etc. Ta phrase n'est peut-être pas bien exprimée. Ce contre quoi il faut s'insurger c'est l'obligation par la force de se voir obligé d'adopter une pensée, une doctrine etc. qui ne correspond en rien à ses propres choix libres. C'est cela qu'il faut combattre : la mise en esclavage de la pensée. À commencer par les inepties que veulent imposer les réseaux sociaux, sous l'affreux nom « d'influenceurs/influenceeuses » qui sont des dictateurs ad hoc suivi(e)s par des milliers de gens que le système a totalement décervelés. (Et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres). <br /> Méfion-nous de nos réflexes moutonniers acquis, y compris pour ce que l'on croit être des bonnes causes mais qu'on n'a pas adopté par choix et encore moins par engagement. Mais par suivisme.<br /> Les terroristes light de la pensée avancent masqués, il sont peut-être plus dangereux que les terroristes à la kalachnikov.<br /> <br /> Quant à la gauche en France ? Quelle gauche ? Ainsi donc il existerait encore une gauche en France ? Bah mince. Pourtant elle a décidé de disparaître, avalée par des grandes gueules sans pensée construite, qui vont bientôt exploser par la déflagration de leurs egos surdimensionnés, avec tous les dégâts afférents.<br /> La gauche ? Quelle gauche ? , il n'y a plus que des nihilistes qui proposent le chaos absolu. <br /> C'est comme ça qu'on procède quand on veut installer une dictature permanente et forcée. Ça vient !
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L
D'abord merci pour ce long commentaire, auquel je vais essayer de répondre aussi précisément que possible ;-)<br /> <br /> J'ai employé à dessein le verbe assujettir. Ainsi que le mot pensée. Ce n'est pas une maladresse, mais bien une intention.<br /> <br /> "Je pense que chacun adopte sa propre pensée comme il le souhaite". Évidemment oui! C'est même le cas, on est parfaitement libre "d'adhérer à une doctrine dans laquelle on se reconnaît, on peut en construire une autre, un mode de pensée spécifique, un style de vie personnelle. Etc", ainsi que tu le dis.<br /> Adhérer, justement, c'est le mot. Chacun est libre d'adhérer à une croyance, un mode de vie ou de pensée. Mais assujettir sa pensée, son mode de pensée, son style de vie, c'est autre chose. Embrasser un dogme, s'y soumettre, c'est, paradoxalement, renoncer à sa liberté. on peut le faire volontairement. Mais l'idéologie, le dogme, la doctrine se substituent à la réalité, et c'est là que les problèmes commencent. Parce qu'on perd sa liberté (sa capacité aussi) de douter, s'interroger. L'idéologue ne se remet jamais en question, ne remet jamais l'Idée à laquelle il a assujetti sa pensée. Il va tout faire, même, pour que la réalité ait l'air de ressembler à sa doctrine.<br /> <br /> C'est le même type de fonctionnement que celui d'une secte. Et on le sait, la dangerosité d'une secte se mesure à l'ardeur avec laquelle elle brandit des valeurs qu'elle ne sait pas respecter. Toute personne qui se plie à ses règles ne sera jamais fautive. Elle appartient au camp du bien, celui qui lutte contre le monde extérieur, là où règne le mal. Et c'est ainsi qu'un parti politique, par exemple, représenté à l'AN, considère avec bienveillance un député qui a brutalisé son épouse. De même celui qui tripote à loisir, ou harcèle. C'est ainsi qu'un parti peut afficher sa complaisance avec le terrorisme islamiste et rester silencieux sur ses crimes. C'est ainsi qu'une députée peut défiler en brandissant une pancarte "Nique la France". C'est ainsi que des députés peuvent défiler en brandissant la tête d'un homme au bout d'une pique, qu'un député peut promettre, en toute impunité, à ce même homme, le destin de JFK. C'est ainsi qu'un autre parti tout aussi détestable se permet, au mépris de la douleur indicible d'une famille, de récupérer le meurtre d'une enfant à des fins politiciennes xénophobes.<br /> <br /> Mais revenons à cette fameuse liberté d'adhérer. En France, chacun est libre. Chacune est libre. Et une femme qui veut se soumettre au patriarcat le plus brutal et rétrograde, le plus liberticide, est parfaitement libre de le faire. Et il ne me viendra pas à l'idée de le lui interdire. Mais qu'elle ne vienne pas se prétendre solidaire de celles qui meurent parce qu'elles refusent ce patriarcat obscurantiste, qu'elle ne vienne pas réduire leur combat à son propre idéal morbide et mortifère. Parce que tu vois, en fait, j'ai du mal à encaisser, non, je vomis le fait que ces pseudos féministes nouvelle génération refusent d'attaquer le seul sexisme systémique qui existe encore aujourd'hui : le sexisme systémique religieux. <br /> <br /> Et je distingue parfaitement religion et foi. Et je n'oublie pas que nulle part dans les textes de l'islam on ne trouve l'obligation pour les musulmanes de se voiler. D'ailleurs tout est dit dans ma réponse à Hbsc xris à ce sujet. <br /> <br /> "Nous n'avons à respecter la liberté que lorsqu'elle se destine à la liberté, non lorsqu'elle s'égare, s'enfuit et se démet d'elle-même. Une liberté qui ne s'emploie qu'à nier la liberté doit être niée". Ce sont les mots de Simone de Beauvoir, qui nous avait à juste titre rappelé qu'il nous faudrait, nous femmes, rester vigilantes nos vies durant. Ses mots, je les fais miens. Sans réserve.<br /> <br /> Pour ce qui est des réseaux sociaux que tu fustiges régulièrement, j'oppose juste le fait que j'y suis attentivement Golshifteh Farahani, Masih Alinejad, par exemple, qui relaient sans faillir l'évolution de la révolte iranienne. C'est là que j'ai découvert la merveilleuse artiste afghane, Shamsia Hassani dont j'ai publié un dessin plus haut. Par exemple. Je m'emploie, moi aussi, à mon minuscule niveau, à relayer leur parole. <br /> Les réseaux (le monde des blogs en est un aussi, d'ailleurs) c'est une auberge espagnole. On y vient avec ce qu'on veut, et on y trouve ce qu'on est venu chercher. S'il est évident qu'ils recèlent aussi des dangers, et pas des moindres, il appartient à chacun de faire fonctionner son esprit critique et d'aller chercher la source des infos qui sont présentées. Tu vois, on en revient toujours là, sans le doute, le questionnement, l'esprit critique, pas de liberté vraie possible.<br /> <br /> Enfin il ne t'aura pas échappé que j'ai écrit "prétendument de gauche" 😉<br /> <br /> <br /> Pardon d'avoir été aussi longue, j'espère surtout avoir été claire.
F
Je vous remercie ! Ce que vous dites et juste malheureusement. Et très bien dit et écrit.
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L
Merci à vous d'avoir lu, et pris le temps de me le dire :-)
H
Un texte puissant très bien écrit. <br /> <br /> Certes, l'oppression des femmes ne se limite pas au port du voile, mais quand vous avez eu des collègues musulmanes ayant un voile dans leur sac pour le remettre dans le train de banlieue de sorte à pouvoir rentrer sans ennui dans leur cité le soir, vous savez que cela compte. <br /> <br /> Passé sous silence par la presse mainstream, il y a quelques jours, François Xavier Bellamy député républicain français au parlement européen a proposé un amendement visant à interdire le financement promotionnel du hijab dans le cadre d'une solidarité avec les iraniennes (car l'Europe finance la promotion du hijab, c'est incroyable mais vrai ! ), les verts européens se sont opposés à l'amendement , à voir ici https://www.youtube.com/watch?v=Y9pPbA4vvuI<br /> <br /> Il n'y a pas que l'agriculture, l'énergie ou l'industrie que les verts s'emploient à ruiner, c'est un assaut permanent contre toute notre civilisation européenne, une rare civilisation dans laquelle les femmes étaient parvenues à un statut égalitaire, et non sans luttes.
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L
Merci pour le qualificatif de "puissant", qui me touche particulièrement.<br /> <br /> Je ne suis pas pro LR ou Bellamy, mais la campagne de promotion du hijab Par l'UE avec des slogans tels que "La beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hijab", c'est vrai que ça m'a fait bondir, cette présentation du voile comme vêtement banal, alors que sa réapparition est directement liée à la montée de l'islamisme.<br /> <br /> Mais je vais laisser Chantal de Rudder, journaliste autrice du livre "Un voile sur le monde" en parler :<br /> <br /> "Le monde devait être terriblement ennuyeux jusqu'à la fin des années 70, une époque où le voile avait quasiment disparu. Auparavant, il n'était ni un monopole islamique ni l'affirmation d'une identité religieuse spécifique mais une très ancienne coutume patriarcale du pourtour de la Méditerranée. Ma grand-mère juive tunisienne en portait un. C'est une réussite remarquable des islamistes de l'avoir transformé en attribut religieux. <br /> <br /> La première femme à se dévoiler publiquement est une militante anticolonialiste, l'Egyptienne Hoda Charaoui, en 1923. Pour les féministes comme pour les leaders musulmans nationalistes d'autrefois, le voile était le totem d'une arriération qui avait permis la colonisation et la domination occidentale. Il est aboli dès les années 30 en Iran et en Turquie. Habib Bourguiba, ancien président tunisien, l'appelait "l'épouvantable chiffon" et le retirait lui-même à ses compatriotes devant les caméras. Dans une vidéo célèbre tournée en 1953, Nasser trouve particulièrement ringard le préalable à tout accord de gouvernement exigé par le chef des Frères musulmans : obliger toutes les femmes à se voiler quand elles sortent. <br /> <br /> Un phénomène stupéfiant intervient alors : après avoir été regardé avec mépris, le voile réapparaît là où on ne l'avait jamais vu, et sous d'autres formes. Les Frères musulmans, les premiers, le choisissent comme stratégie de reconquête de la société via les femmes, un uniforme nouveau, qui n'empruntait plus aux voies traditionnelles afin de tourner le dos à l'islam "de papa" et proclamer sur son dos l'islam politique et la charia comme Constitution. <br /> <br /> Il faut attendre 1979 et la révolution iranienne pour voir le voile se diffuser aux quatre coins de la planète. L'ayatollah Khomeini, le tombeur du Grand Satan américain, lui donne un sacré coup de modernité en l'adoubant par la loi républicaine. De coutume prosaïque, le voile change de statut, il est ennobli par l'Etat de droit islamiste. Le Coran n'en fait pas un des cinq piliers de l'islam. En revanche, le voile devient le sixième pilier de l'islamisme. <br /> <br /> En France, le débat autour du voile explose l'année-même du bicentenaire de la révolution, en 1989 : à Creil, des collégiennes refusent d'enlever leur foulard à l'intérieur de leur établissement scolaire. A Londres, au même moment, la fatwa lancée par Khomeini contre Salman Rushdie met le feu dans la rue. Voile et blasphème, blasphème et voile, ce couple infernal n'a, depuis, jamais cessé de nous piéger. <br /> <br /> Peut-il être, malgré tout, un symbole de "liberté" comme le dit la campagne de communication, avec le slogan "Freedom is in hijab" (la liberté est dans le hijab) ? <br /> <br /> Cette phrase suggère que l'on en veut aux femmes voilées, qu'on les empêche de l'être. La victimisation intempestive est l'arme sempiternelle des islamistes de tous poils, qui nous culpabilisent volontiers. Elle peut aussi être interprétée comme : "Vous qui n'êtes pas voilés, vous n'êtes pas libres". <br /> <br /> Non, le voile est une arme visuelle. Ceux qui l'utilisent savent qu'il énerve, en Occident, et tout particulièrement en France, où la burqa et plus récemment le burkini ont suscité de fortes réactions dans la société. Ce pays est un pays de tolérance qui déteste qu'on lui dise qu'il est intolérant. Et il se défend très mal. <br /> <br /> Finalement, les femmes sont-elles moins libres si elles ne sont pas voilées, moins musulmanes ? Si le voile faisait les musulmanes, comment juger toutes celles qui ne se voilaient pas hier et celles qui ne se voilent pas aujourd'hui (la majorité d'entre elles) ? Le hijab, rappelons-le, est un mot apparu récemment, il veut dire un rideau et désigne une séparation, une frontière. Et c'est ce qu'il est, une anonymisation des femmes qui, en le portant, représentent alors avant tout une religion, et même une certaine conception de cette religion très hostile à l'Occident."<br /> <br /> En plus, quel boulevard pour l'extrême-droite!<br /> <br /> <br /> Quant aux Verts, s'ils ont accepté de se diluer dans la Nupes, c'est bien pour laisser libre court à leur radicalité. Il n'est qu'à voir l'indécente Sandrine Rousseau... Je sais, je suis votre combat.<br /> <br /> Amitié
G
Oui. Mille fois oui. De tout cœur avec les Iraniennes et les Iraniens qui soutiennent ces femmes courageuses. Solidaire de tous les opprimés et de tous ceux qui souffrent.<br /> Comme Andrée Chedid, j’ai "ancré l’espérance aux racines de la vie, face aux ténèbres".<br /> Merci.<br /> Très sincèrement.
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L
Merci pour cette magnifique citation de celle qui n'a cessé d'exprimer son humanisme! Oui, il est primordial de nous montrer solidaires! <br /> Que serait un monde dans lequel une Iranienne ne pourrait vivre libre sans qu'on se sentent concernées, dans lequel on pourrait dire "tout ça ne me regarde pas"? Depuis quand la tolérance, l'altérité, le respect, la liberté ne sont pas des droits à défendre, coûte que coûte? Ces jeunesses qui se dressent au péril de leur vie, partout, sont l'avenir et sont magnifiques!<br /> Amitié reconnaissante 💙💛
C
pour l'instant, mon bonheur est au zénith et pourtant je reste figée aux savoirs des horreurs de ce monde, alors non, tes propos ne tombent pas dans le vide, tes mots sont un cri vers la raison celle qui devrait dominer partout pour faire taire les tyrans de gauche comme de droite, religieux en surcroît dont on se passerait bien !<br /> amitié solidaire
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L
Et j'en profite pour dire que je n'arrive pas à commenter chez toi 😕
L
Mais heureusement qu'il existe des ilots de bonheur dans ce monde brutalisé, et c'est toujours un cadeau précieux quand une amie vient dire qu'elle est heureuse 😊 <br /> Merci pour ton soutien, et aussi pour ton aveu si doux 💙💛
N
J'étais en train de m'énerver sur mon blog quand j'ai vu que tu avais écrit. Comme toi, j'ai envie de hurler, de gueuler contre les mêmes choses que toi, et je suffoque de cette folie ! Je ne sais que dire de plus, moi qui suis moins battante que toi et moins active, sans doute, au quotidien des heures blessées, qui dis, qui compatis aux souffrances, qui suis remplie d'une admiration sans borne pour le courage de celles qui se battent, là-bas, pour vivre, VIVRE ! Et je remercie tous les hommes (au masculin) qui se battent à leurs côtés. <br /> Je t'embrasse fort.
Répondre
L
Merci. Merci infiniment d'être de l'armée des vivants, qui vivent, qui disent. Merci de ta réponse si immédiate, sincère et tellement bien dite, tellement! Merci d'être qui tu es. Tu me donnes espoir💙<br /> Je t'embrasse en retour. 💛