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Histoires de vie, et de vies...

Maroussia

"Le Vent ! Rien, sur cette terre, ne vient de si loin et ne respire avec autant d’immensité et de passion que le vent de l’Ukraine. Il débouche en hurlant du Golfe de Finlande, amenant avec lui le froid craquant de la Baltique. A Saint Pétersbourg, il écarte les relents putrides des marécages, marque une pause et tournoie dans les taffetas des élégantes dont il emporte les parfums sucrés en repartant vers le Sud. Il descend et draine avec lui l’odeur des boues de la Volga, les derniers soupirs des morts de Novgorod, les épais nuages d’encens échappés des églises de Moscou, les paillettes d’or arrachées aux bulbes de Kiev, il survole les steppes infinies, arrive enfin sur la Mer Noire et apporte la vie aux bateaux en gonflant leurs voiles par l’arrière." Serge Lentz, Vladimir Roubaïev, ou les Provinces de l'Irréel

Printemps précoce, Katerina Bilokur, peintre ukrainienne (1900-1961)

Printemps précoce, Katerina Bilokur, peintre ukrainienne (1900-1961)

Maroussia, héroïne de ma jeunesse, était née dans le vent des steppes d'Ukraine. C'était une enfant, pas plus grande qu'un nœud sur un fil de soie*,  une  petite goutte de miel* aux lourds cheveux tressés. Et nous savons bien, nous savons tous,  n'est-ce pas, que les enfants ce sont les mêmes, à Paris ou à Göttingen**, ou dans n'importe quelle ville du monde. Qu'on les élève au chaud de leur insouciance enfantine ou qu'ils tentent de survivre dans la cruauté glacée de la guerre, un enfant reste un enfant. Personne n'a rien à redire à ça, sauf à être un monstre au cœur froid, et nous savons bien, nous savons tous depuis longtemps, n'est-ce-pas, que les monstres existent, et qu'ils essaient sans relâche d'étaler leur tentacules de malheur.

J'avais l'âge de Maroussia, soit une dizaine d'années, je lisais le livre qui portait son prénom. Je lisais l'histoire d'une petite fille du XVIIème siècle dont l'enfance prenait fin brutalement, jetée dans la tourmente d'un pays convoité, déjà, par la Russie, et de l'insurrection, puisque la liberté est à ce prix, jusqu'au sacrifice de sa vie. J'avais l'âge de Maroussia, et je découvrais, bouleversée, qu'une môme de mon âge pouvait tomber au milieu des roseaux. On eût dit une perdrix arrêtée dans son vol.* 

Et ce, sans que le monde en fut changé d'un iota. 

Tout est redevenu tranquille. Cela a été si vite fait. C'est à croire que rien n'est arrivé au bout de ce pont.* Une enfant était morte, la tête trouée d'une balle, et tout autour, la vie continuait sa perpétuelle, son incompréhensible respiration.

Moscou, d'un bout à l'autre, dort avec tranquillité, oublieux des angoisses et de la terreur, scandait Pouchkine, découvert un peu plus tard, à l'adolescence. Les poètes existent pour nous rappeler qu'il n'y a pas de vérité absolue. Que la vie n'est qu'évolution, rencontres, amours, pertes, imagination. Mon rêve me poursuit sans fin. Pouchkine encore, héraut de l'âme slave. Elle irradie, symphonie mouvante pétrie d'excessive gaieté et de profonde nostalgie, de merveilleux, de truculence et de mystère.

Tout ce qu'illustrent magnifiquement Les Tableaux d'une Exposition de Moussorgski, découverts aussi à l'adolescence sous la houlette passionnément bienveillante de mon professeur de musique au collège. En pensant au destin tragique de Maroussia, c'est l'insondable mélancolie de Il Vecchio Castello qui me revenait en mémoire, mais c'est avec une jubilation émue que j'ai retrouvé la majestueuse Grande Porte de Kiev qui clôt l'exposition.

Toute cette beauté, ce lyrisme, cette passion sans retenue, ce courage sans limite redécouvert à l'aune de l'actualité, tout ce qu'est décidé à détruire un tyran impavide qui ne cesse d'étendre ses tentacules de malheur, puisque les monstres tyrans ne sont bons qu'à abîmer le monde.

Alors je sais, mon texte est naïf, mais je vais vous dire, je me fous bien d'avoir l'air ridicule avec mon petit paquet d'humilité, de chagrin et d'espoir. Parce que je sais que prétendre construire du bonheur sur la douleur des autres relève du mensonge le plus éhonté. Dans un monde en péril on n'est pas heureux, on a juste peur. Et moi j'avais envie, à mon tout petit niveau de toute petite humainette de rien du tout, le temps de quelques phrases, le temps d'une œuvre musicale revenue du fond de ma mémoire, d'arrêter le tumulte. Souffler pour voir, pour écouter, entendre avec tous les pores de ma peau, et ressentir. Pouvoir, un instant, croire que n'existent ni mort ni cruauté ni souffrance. Pas de maladies, de trahisons, de misère, de guerre, de torture, de viols, pas de peur entre les humains. Un temps. Juste un temps. Parce que dans le pays où je vis, j'ai la chance de pouvoir le faire.

 

Tableaux d'une exposition, Modeste Moussorgski - Orchestration, Maurice Ravel -Orchestre philarmonique de Strasbourg, 2019

 

* Extraits du livre Maroussia de P.J. Stahl, "inspiré" d'une nouvelle de M. Vovtchok. Écrite en 1871 par une écrivaine russo-ukrainienne, Mariya Markovitcha (qui publiait sous le pseudo de Marko Vovtchok, on se demande pourquoi 🤔), reprise (plagiée très exactement) et "étoffée" par un éditeur français, Pierre-Jules Hetzel.

** Chanson Göttingen de Barbara.

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La Baladine

Athée, laïque, féministe assurée et romantique assumée, universaliste, républicaine, rieuse et mélancolique, résolument positive dans un monde dépressif, agitatrice de cervelle, gratteuse infatigable du vernis des humains pour voir ce qu'il y a dessous... "Je ne fais effort ni pour qu'on m'aime ni pour qu'on me suive. J'écris pour que chacun fasse son compte." Jean Giono
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P
Bonjour Baladine... <br /> <br /> Je n'ai pas lu Maroussia, maïs je connais bien les Tableaux d'une exposition, et depuis longtemps. <br /> <br /> Si tu viens un jours me dire bonjour (virtuellement), j'en serai ravie... :-)
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M
Ce livre m'avait bouleversée !<br /> Des enfants meurent, et c'est déchirant de se dire que tout cela aurait pu être évité, les hommes sont fous, violents, inconséquents et la vie se brise face à ce mur de stupidité et d'orgueil !
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L
Merci Marine. Je sais que "les hommes" signifie "les humains", et l'Ukraine en a traversé, des violences, inconséquences humaines ô combien humaines, hélas!<br /> C'est ce qui a de quoi désespérer de l'humain. Pour garder son humanité, faudrait-il donc se tenir loin des humains? C'est parfois un truc à se taper la tête contre les murs...
M
Je me souviens enfant d'avoir lu un livre dont l'héroïne était Maroussia, était-ce celui dont vous parlez ? Je ne m'en souviens plus, mais Maroussia a eu assez d'importance entre mon frère et moi pour que ma nièce se nomme Maroussia. Les lectures d'enfance sont restées là , au fond de moi, mais leurs contours sont devenus mouvants, bibiothèque verte, puis premiers vrais romans, je dévorais les bouquins ;: où sont-ils passés , quelque part en moi il doit en resté quelque chose ? <br /> J'écoute présentement vos tableaux d'une exposition . Le monde slave , les grandes étendues de l'est : Michel Strogoff , les âmes mortes de Gogol, les romans fleuves de Tolstoï , Tchekov , Boulkakof et plein d'autres encore, et puis les balaïkas, le folklore ......<br /> Maroussia: quelle horreur oui la mort frappe, voici le froid, le vide, et la vie à côté continue , à peine un événement , sauf pour ceux qui sont touchés. <br /> Puisqu'ici nous avons la chance de pouvoir écouter de la musique, je vous propose : <br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=ygfLNLs2IBU <br /> <br /> Bonne journée à vous
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L
Je n'en connais qu'un, donc il est probable que c'est bien celui-là. Et Maroussia a longtemps figuré sur la liste de mes prénoms préférés, aussi :-)<br /> C'est primordial, je crois, les lectures d'enfance. On trouve tant, dans les livres, au travers des belles histoires, tant de réponses, tant de questions, tant de rêves et de sources d'espoir, tant de nourriture pour l'imagination!<br /> <br /> Ah le piano de Rachmaninov! 🙏<br /> <br /> Merci beaucoup d'avoir pris le temps de vous arrêter ici et d'y déposer vos mots.<br /> <br /> 💙💛
M
euh " quelque part en moi il doit en rester quelque chose" .
T
Pour avoir étudié et pratiqué le russe, dans mes jeunes années (je suis de '65), je ne peux qu'applaudir à cette "fiche de lecture". Ce qui m'a toujours renversé dans la culture russe, vive ou écrite, c'est cette formidable faculté de tomber d'un excès dans l'autre, du rire aux larmes... Quant à la période, cette fin du XIXème, elle est tellement foisonnante, en Europe, que je me lasse pas d'y revenir ou d'y faire - oui, encore ! des découvertes incongrues.<br /> Merci pour ce billet, la Baladine.
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L
Merci beaucoup pour ce commentaire éclairé 💙💛
L
Il est important de rêver, indispensable même.<br /> Pour le reste, il semblerait qu'un peu de raison soit trop demander au monde des hommes qui pourant se vantent d'être "la seule espèce intelligente sur Terre" et qui montre si souvent qu'elle est d'une stupidité crasse...<br /> <br /> "Si vous l'oubliez vous le revivrez" .<br /> Poliakov avait expliqué ça très bien et disait mais parlait aussi de pardon.<br /> Qui offre l'avantage de se passer des vengeances et de représailles incessantes dont les causes ont disparu dans la nuit des temps et entretiennent une haine perpétuellement recuite.<br /> Bref, j'ai bien aimé ton affection pour Maroussia et Moussorgski
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L
Je sais bien que la Pologne a un gouvernement d'extrême droite et qu'elle hésite à employer les méthodes qu'elles reprochait à l'Union soviétique.<br /> Mais heureusement elle a une opposition tenace et opiniâtre qui sait ce que l'UE a de bon en général.<br /> Même si les idées de bases ont été dévoyées par les intérêts financiers, elle est plus proche de la "société ouverte" souhaitée par Popper que de la "société bouclée" prônée par Poutine et consorts...
L
Euh... tu réponds à cette publication : https://admin.over-blog.com/2095815/write/185835965 , <br /> je suppose? <br /> La Pologne est sous le coup d'un régime d'extrême droite, et on sait que les droits des femmes ne sont pas la priorité de ces gens-là. D'ailleurs Le Pen parle d'avortement de confort et de déremboursement d'Ivg, pour ne parler que de ça... <br /> Quant à Visiteuse, je ne l'ai jamais censurée, juste renvoyée face à ses mensonges et son étroitesse de vues, ce que manifestement elle n'a pas apprécié, et j'avoue qu'elle ne m'a jamais manquée :-))
L
Bah, la Pologne, pour les gouvernement de qui je n'ai pas une affection démesurée (ils en sont restés à "une femme honnête n'a pas de plaisir" , non mais quels cons !)) est une victime permanente elle aussi.<br /> Chaque fois qu'un voisin, l'empire russe ou l'empire allemand bougeait les épaules pour être à l'aise, elle rétrécissait... ;-)<br /> Par ailleurs, j'espère que la réponse faite à Visiteuse chez moi la calmera aprce que je serai désolé de me mettre à censurer chez moi.
L
Merci 💙💛<br /> <br /> Pour ce qui est de "se passer des vengeances et de représailles incessantes dont les causes ont disparu dans la nuit des temps et entretiennent une haine perpétuellement recuite", il faudrait en parler à Vladimir Poutine, parce que depuis des millénaires que l'Ukraine tente de faire nation, et que la Russie (née quasi plus tard) et d'autres tentent de l'en empêcher, il y a beaucoup à dire, et je laisse le soin aux spécialistes d'en parler <br /> <br /> https://www.jean-jaures.org/publication/histoire-de-lukraine-quelques-reperes-fondamentaux/?utm_source=pocket_mylist
M
J'ai moi aussi beaucoup aimé lire Maroussia . Les enfants ne devraient pas souffrir, c'est tellement injuste !<br /> Ce tableau de l'arbre dans le marais est très beau, ainsi que la citation du début.<br /> Les enfants sont les mêmes... Et chacun devrait avoir à coeur de les protéger de tant d'horreurs...
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L
C'est pour cela, sans doute, qu'il est nécessaire d'en parler, encore et encore... Rien n'est pire que le silence qu'amène la résignation.<br /> 💙💛
M
"Pouvoir, un instant, croire que n'existent ni mort ni cruauté ni souffrance. Pas de maladies, de trahisons, de misère, de guerre, de torture, de viols, pas de peur entre les humains. Un temps. Juste un temps. Parce que dans le pays où je vis, j'ai la chance de pouvoir le faire." Merci pour cette page
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L
Si elle peut procurer ne serait-ce que quelques minutes de tranquillité, de sérénité, elle aura trouvé sa raison d'exister.<br /> Merci à toi 💙💛
N
J'ai tant d'admiration pour toi et la façon dont tu nous parles ici, moi qui bien trop souvent ne parviens pas à dépasser ma rancœur, mon défaitisme, mon désespoir ; qui ne parviens plus à croire sauf en de trop rares occasions à l'Humain. J'en souffre et je lutte contre ma perte de bienveillance, mes jugements parfois à l'emporte pièce, ma catégorisation de plus en plus fréquente à mettre les gens dans des cases. Je ne crois pas être un monstre mais j'ai parfois je crois le sentiment d'en avoir certaines pensées. Et je refuse le pardon. Je sais que je n'avance pas beaucoup, mais des personnes comme toi me sont précieuses, me font du bien. Font du bien, en général. Peut-être dirai-je autre chose demain mais en ce moment tout particulièrement l'avenir me paraît si sombre, et je râle tant. Je vieillis sans doute pas très bien. Pourtant depuis que le monde est monde il y en a toujours eu des humains qui faisaient quelque chose de bien. Me forçant à ne pas me laisser submerger, je deviens quand même obsessionnelle de ceux qui sont mauvais, et je me refuse à voir des images, écouter des infos qui me plombent encore plus. Alors je te remercie, parce que tu m'aides.<br /> Maroussia, ce nom me revient intact en mémoire sur la couverture d'un livre que je n'ai jamais lu (je pense que je m'en souviendrais) mais que j'ai vu passer un jour dans les mains d'une copine ou sur une étagère, quelque part ; je ne me souviens pas quel âge j'avais alors, mais j'étais aussi une enfant.
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L
*SON propre été pfff
L
Merci, vraiment, mais le portrait que tu traces de ma personne est beaucoup plus noble que mézigue. Alors il faut que je te dise quelque chose d'un peu carrément moins noble : je suis souvent, très souvent, trop souvent assaillie de colères noires et de découragement intense... Et je pense très profondément que le pardon ne vaut que s'il fait du bien à celui qui pardonne, donc s'il est sincère, total et surtout spontané plutôt qu'issu d'une morale dogmatique. <br /> C'est juste que je sais qu'on ne peut éviter le pire de côtoyer le meilleur, et que peut-être il est nécessaire de se trouver sa propre "respiration", sa propre été, et le laisser nous baigner de sa lumière, de sa chaleur, de sa douceur. <br /> Et pour te suivre, au travers de tes photos, de tes textes, je ne crois pas que tu vieillisses mal. Je te vois forte et vulnérable, je vois ta tendresse, je crois juste que tu ne t'habitues pas à avoir été lancée dans ce bain d'aiguilles qu'est la vie.<br /> Tu sais, mon but en débutant ce blog c'était justement ça, tenter de dire comment j'essaie de faire en sorte que la vie soit vivante, et apprendre des autres comment ils font, de leur côté. Je crois aux mots, à l'influence des mots dans une vie, et je crois aux bonheurs que nous allons chercher. Et toi, tu es de ces bonheurs-là 🧡🧡
A
Ton billet est une bienfaisance. Il est nécessaire qu'il soit. Il réveille ce que nous avons chacun au fond de nous et qui risque tellement de s'endormir : notre petit paquet indispensable d'humilité, de chagrin et d'espoir, comme tu l'écris. Et aussi d'humanité. Sinon nous courons le risque de nous anéantir nous-mêmes, avant même que les tyrans de tous poils ne le fassent.<br /> <br /> Ton billet est une bienfaisance. Il est nécessaire qu'il soit<br /> parce qu'à défaut de bonheur il faut gérer et apaiser nos peurs avec les forces de la vie qui demeurent en nous.<br /> Ce n'est pas pour rien que nous ne cessons d'espérer la fin des horreurs que tu cites à la fin du billet.<br /> Un temps d'espérance. Un petit temps. Mais un temps vrai.<br /> <br /> En te lisant je pensais aux propos d'un de mes maîtres à vivre. Un humain ordinaire qui ne faisait qu'amener sa petite pierre à un ensemble. Il disait en substance, il y a plus de 50 ans (ce n'est pas une citation mot à mot, je résume un essentiel) :<br /> <br /> « J’ai foi en toute personne et aussi en l’humanité. Certes, les problèmes de notre temps sont multiples et apparaissent souvent insolubles, tellement ils sont complexes et se retrouvent face a l'apathie dans le monde. Et pourtant ma foi en l’Humanité demeure. À cause des richesses humaines insoupçonnées et donc inexploitées et pourtant existantes au cœur de nos êtres. Nous avons très largement ce qu'il faut pour résoudre les problèmes de la planète. »<br /> C'était il y a plus de 50 ans. C'est encore totalement vrai à mes yeux aujourd'hui.<br /> <br /> (J'aime beaucoup et depuis longtemps l'œuvre que tu nous donnes à entendre)
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L
Merci. Infiniment. Merci d'avoir si bien compris, et si bien exprimé, ce que je cherche à partager. Quand rien ne va dans la vie qui nous malmène, dans un monde qui va mal et nous fait mal, il n'y a pas d'autre choix que d'aller puiser en soi-même "cet invincible été" qui nous permet de refuser l'indifférence et de tout accepter de ce que la vie nous propose et nous impose. Ne rien éluder, pour rester un être humain. Et garder l'idée que toute vie humaine est importante. Il n'y a pas de petite vie. <br /> <br /> Tu as eu de bien beaux maîtres à vivre. Je le rejoins totalement et lui répondrai par la voix de Camus (oui je sais, encore lui) :"Oui, il y a la beauté et il y a les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l'entreprise, je voudrais n'être jamais infidèle, ni à l'une ni aux autres."<br /> <br /> Et merci d'avoir écouté cette merveille musicale 🧡🧡